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Moïse

L'amour du prochain au sommet

La disparition de Moïse

A la fin de la section « Vézoth Habérakha »,1 par laquelle nous concluons la lecture annuelle de la Torah, nous sont relatés les derniers jours de Moïse et sa disparition. A ce propos, le verset nous dit : « Les enfants d’Israël pleurèrent Moïse durant trente jours. » Nos sages font remarquer qu’à propos de la disparition d’Aaron, qui est décrite dans la section ‘Houkat,2 le texte nous dit : « Chaque maison d’Israël pleura Aaron», le terme « maison » faisant référence au fait qu’à la disparition d’Aaron, et à la différence de Moïse, les hommes et les femmes marquèrent le deuil. On trouve chez les commentateurs de la Torah deux explications à cette différence3. Selon les uns,4 à la disparition d’Aaron, Moïse lui-même prit le deuil pour son frère. C’est donc « par respect pour Moïse que tous, y compris les femmes, prirent le deuil d’Aaron ».5 En revanche, à la disparition de Moïse, « il n’était pas de sage de la dimension de ce dernier qui prit le deuil »6 et c’est pourquoi seuls les hommes pleurèrent sa disparition. Selon d’autres commentateurs7, c’est du fait qu’Aaron « recherchait la paix et instaurait la paix entre un homme et son prochain, entre une femme et son mari » que tous, hommes et femmes, pleurèrent sa disparition. Alors que pour Moïse, seuls les hommes portèrent le deuil.8

D’après la première explication, le fait que seuls les hommes pleurèrent la disparition de Moïse met en évidence la grandeur de ce dernier qui fut telle qu’il ne laissa pas de maître d’une élévation équivalente. C’est cette grandeur même qui explique pourquoi seuls les hommes prirent alors le deuil. Par contre, selon la deuxième explication, le même élément semble montrer qu’amener la paix « entre un homme et son prochain, entre une femme et son mari » est une qualité qui n’avait pas atteint chez Moïse la même perfection que chez Aaron. Cela semble étonnant. En effet, au moment où la Torah relate disparition de Moïse, il aurait paru convenable de mentionner ses qualités.9 De fait, le même passage10 nous rapporte que « son apparence [même après sa mort] n’avait pas changé », qu’« il ne se leva plus de prophète comme Moïse... pour tous les prodiges et le bras fort... » Comment donc comprendre qu’en même temps soit mis l’accent sur le fait qu’il n’avait pas atteint la même perfection qu’Aaron dans la recherche de la paix ?

Le commentaire de Rachi

Cette question devient plus forte si l’on analyse de près le commentaire de Rachi qui rapporte la deuxième explication.

Rachi écrit : « [il est écrit à propos de la disparition de Moïse] ‘les enfants [litt. les fils] d’Israël’, c'est-à-dire les hommes. Mais pour Aaron, du fait qu’il recherchait la paix et instaurait la paix entre un homme et son prochain, et entre une femme et son mari, il est dit ; ‘chaque maison d’Israël’, c'est-à-dire les hommes et les femmes. »

Cette formulation du commentaire de Rachi est étonnante. En effet, si son intention était d’expliquer la différence d’expression, il aurait dû commencer par faire remarquer cette différence puis l’expliquer par le fait qu’Aaron recherchait la paix. Mais Rachi commence11 par mentionner qu’Aaron « recherchait la paix et instaurait la paix entre un homme et son prochain, et entre une femme et son mari », et ce avec une description détaillée (qu’il a déjà donnée dans son commentaire sur la disparition d’Aaron).12 Il faut donc en déduire que Rachi ne veut pas seulement expliquer la différence entre les deux expressions employées (« les enfants d’Israël » et « chaque maison d’Israël ») mais aussi rappeler cette élévation particulière d’Aaron par rapport à Moïse. La question initiale se trouve donc renforcée : pourquoi Rachi tient-il à mentionner avec précision, dans le passage décrivant la disparition de Moïse, ce qui semble être le contraire d’une élévation par rapport à Aaron ?

Nous ne pouvons pas répondre à cette question en avançant que c’est du fait même de l’élévation de Moïse que la Torah doit préciser cette différence. La recherche de la paix telle qu’on pouvait la trouver chez Moïse aurait pu, du fait de la grandeur de celui-ci, être considérée comme un degré de perfection dont on peut se suffire. Il fallait donc mentionner que seule la recherche de la paix d’Aaron constitue la perfection que la Torah nous demande. Cette réponse n’est pas satisfaisante car elle n’explique pas pourquoi c’est précisément au moment où l’on décrit la disparition de Moïse qu’il fallait apporter cette précision.

Force est donc d’expliquer que cette différence entre Moïse et Aaron est un élément dont le rappel est nécessaire dans le contexte de la description de la disparition de Moïse. Et c’est la raison pour laquelle le verset mentionne que seuls « les enfants [c'est-à-dire les hommes] d’Israël pleurèrent Moïse » et que Rachi explicite la grandeur d’Aaron en ce qu’il « recherchait la paix et instaurait la paix entre un homme et son prochain, et entre une femme et son mari ». Il nous reste donc à expliquer en quoi cet élément est nécessaire dans ce passage.

La spécificité de Moïse

Il nous faut au préalable expliquer pour quelle raison nous ne trouvons pas, à propos de Moïse, de commentaire de nos sages similaire à celui concernant la recherche de la paix d’Aaron. En effet, il est clair que cette absence de commentaire ne peut s’expliquer par un quelconque manque chez Moïse dans ce domaine. Au contraire, il aimait chaque Juif,13 il fut le « berger fidèle » de tous les Juifs et prit à cœur chacun de leur besoins, que ceux-ci relèvent du monde matériel ou du domaine spirituel. Car, dans le domaine spirituel, il s’attacha à enseigner la Torah à tout le peuple,14 à leur apprendre non seulement les lois dont la connaissance est nécessaire dans la vie de tous les jours mais aussi toutes les profondeurs et les finesses intellectuelles que ces lois renferment. Nos sages15 précisent à ce propos que Moïse transmit cette richesse « avec générosité à tout Israël ». Dans le domaine matériel, c’est par le mérite de Moïse que le peuple juif put se nourrir de la manne durant tout son voyage dans le désert. Plus encore, les deux miracles qui se produisirent par le mérite d’Aaron et de Myriam, à savoir la présence des colonnes de nuées qui les protégèrent et la source d’eau qui les accompagna, cessèrent avec la disparition de ces derniers mais revinrent par le mérite de Moïse.16 Il faut donc expliquer que l’amour que Moïse avait de chaque Juif ne souffrit d’aucune imperfection mais que, de par sa mission particulière, cet amour du prochain prit une autre forme que celle d’Aaron.

À propos de la recherche de la paix, caractéristique d’Aaron, nos sages17 racontent que, pour atteindre son objectif, il déformait la réalité, affirmant à chacun que l’autre partie désirait la réconciliation mais n’osait pas faire le premier pas. Cette attitude, bien entendu, n’avait rien de répréhensible puisque nos sages enseignent18 qu’« un homme a le droit de déformer [la réalité] pour [réaliser] la paix ». C’est donc la Torah elle-même, qui est décrite comme « Torah de vérité », qui le permet. Plus précisément, la Torah n’a pas permis de mentir mais seulement de déformer la réalité afin de pouvoir instaurer la paix.19 Cependant, Moïse avait pour qualité principale l’authenticité.20 C’est cette qualité qui lui a permis de réaliser sa mission fondamentale dans ce monde : transmettre et enseigner la Torah à chaque Juif et ce, de la façon la plus exacte possible. Il transmit en particulier cette règle même selon laquelle « un homme a le droit de déformer [la réalité] pour [réaliser] la paix ». Mais quand il s’est agi de sa propre attitude, il lui était impossible, du fait de ce niveau spirituel et de cette authenticité exceptionnelle, d’emprunter cette voie pour obtenir la paix.21 22 En d’autres termes, Moïse ne pouvait descendre au niveau de ceux qui avaient opéré une chute telle que la seule manière de restaurer la paix était de déformer la réalité. Par contre, dans la perspective du service de D.ieu d’Aaron, dont la qualité principale était la bonté,23 une telle voie pouvait être empruntée.

Dès lors, on a, avec Moïse et Aaron, deux manières de servir D.ieu qui ont chacune une élévation que l’autre n’a pas. Dans le niveau de Moïse, l’élévation consiste à ne jamais s’écarter, si peu que ce soit, de la vérité la plus pure. Dans celui d’Aaron, elle consiste à pouvoir atteindre ceux qui sont allés tellement loin dans leur discorde que seule une déformation de la réalité permet de les faire revenir dans le chemin de la paix.

Nous allons à présent comprendre pourquoi c’est précisément au moment de la disparition de Moïse que la qualité d’Aaron a été mise en avant.

Dévoué à l'exrême

Durant toute sa vie, lorsqu’il était entièrement consacré à la réalisation de sa mission, Moïse en était complètement absorbé et c’est sa qualité principale, l’authenticité, qui était prépondérante. Par contre, au moment où « Moïse monta sur le mont Nébo »,24 alors qu’il avait conclu la réalisation de cette mission, alors, il prit conscience de la grandeur particulière du niveau d’Aaron qui pouvait apporter la paix à chacun.

Cette prise de conscience peut être rapprochée de celle de Rabban Yo’hanane Ben Zakaï, un des plus grand maîtres de l’époque de la Michna, dont le Talmud nous raconte25 qu’à l’heure précédant sa disparition de ce monde, il se demanda, devant ses élèves réunis autour de lui : « Je ne sais vers quel chemin on me conduit ». La question est bien connue à propos de cette histoire : comment Rabban Yo’hanane Ben Zakaï, dont le Talmud décrit26 le niveau spirituel exceptionnel et la perfection dans sa réalisation des commandements, pouvait-il avoir un doute quant à son accession au Gan Eden ? La pensée hassidique27 répond que Rabban Yo’hanane Ben Zakaï n’avait pas de doute quant à sa perfection dans les niveaux révélés de son âme, c'est-à-dire ceux touchant à la pensée, la parole, ou l’action. Par contre, son doute portait sur la perfection de la dimension essentielle de  son âme, dimension qui n’est pas révélée et qui est bien plus profonde. Et cette question ne surgit qu’au moment précédant sa mort car, durant toute sa vie, Rabban Yo’hanane Ben Zakaï était totalement investi dans la réalisation de sa mission dans ce monde, à savoir étudier et enseigner la Torah. Il n’avait pas alors une seule seconde pour se poser ces questions concernant la dimension profonde de son niveau spirituel personnel. Il en est de même pour le service de D.ieu de Moïse : Tant qu’il était complètement investi dans la réalisation de sa mission, il n’y avait pas lieu pour lui de considérer les différents niveaux de service de D.ieu et l’élévation particulière de celui d’Aaron.

Il reste cependant un point à éclaircir : Dès lors que la qualité principale de Moïse était l’authenticité, quelle différence peut-il y avoir entre le temps de sa vie sur terre et celui de son départ de ce monde ? Cette qualité ne devrait-elle pas impliquer, qu’à tout moment, il prenne conscience de l’élévation du service de D.ieu d’Aaron ?

Pour répondre à cette question, il nous faut d’abord introduire la perspective que la pensée hassidique donne de la dimension de la disparition de Moïse.28

Une nouvelle hauteur

La disparition de Moïse, qui se dit en hébreu « Histalkouth », ce qui signifie littéralement « élévation », ne consiste pas seulement dans son départ de ce monde au sens physique du terme. Comme son sens littéral (« élévation ») l’indique, cette disparition implique aussi une élévation spirituelle du niveau de son âme  vers un niveau bien plus élevé que celui qu’elle avait pu atteindre durant sa vie terrestre.29

C’est d’ailleurs là le sens ésotérique30 du verset « Moïse monta sur le mont Nébo » qui signifie, au-delà de l’ascension physique de cette montagne, une élévation spirituelle de l’âme de Moïse dont nous allons définir la nature.

Le service de D.ieu de Moïse, qui est décrit par le Zohar comme l’« ami du roi »,31 se caractérisait par un mouvement du haut vers le bas car sa mission a consisté à transmettre la Torah, dont la nature est essentiellement élevée et spirituelle, dans le monde d’ici bas, comme nos sages enseignent32 : « Moïse reçut la Torah du Sinaï et la transmit à Josué… ». Par  contre, le service de D.ieu d’Aaron, qui est décrit par le Zohar comme l’« ami de la reine »,33 se caractérisait par un mouvement du bas vers le haut. C’est la raison pour laquelle son service dans le Tabernacle consistait à « élever » les lumières du candélabre, à les allumer jusqu’à ce que les flammes s’élèvent par elles mêmes.34 Ce service du candélabre symbolise, dans sa dimension spirituelle,35 la mission qui consiste à allumer, à raviver l’âme de chaque Juif de manière à ce qu’elle retrouve ce mouvement d’élévation et d’aspiration à D.ieu.36

Et, à la disparition de Moïse, moment où il « monta sur le mont Nébo », son âme connut un mouvement d’élévation du bas vers le haut37 qui lui permit de saisir la dimension du service de D.ieu d’Aaron. En particulier, concernant le niveau d’amour du prochain qui caractérisait Aaron et sa capacité à amener la paix, Moïse en prit alors conscience du fait même de ce mouvement d’élévation de son âme qui lui permit de rejoindre celui du service d’Aaron.

Et en fait, nous voyons là précisément la grandeur de l’amour de chaque Juif qui caractérisait  Moïse.  Car c’est au moment même de sa disparition, dans des versets qu’il a écrits lui-même et par esprit prophétique,38 qu’il met l’accent, par cette différence d’expression (seuls «les enfants d’Israël pleurèrent ») sur l’élévation d’Aaron et ce, afin que chaque Juif sache à quel niveau doit tendre l’amour du prochain. Sans tenir compte de sa propre élévation dans ce domaine, il tint à transmettre comme message que l’amour du prochain doit atteindre celui d’Aaron qui « recherchait la paix et instaurait la paix entre un homme et son ami, entre une femme et son époux. »

Extrait du Likoutei Si’hot vol. 21, pp. 253-257

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NOTES
1. Deutéronome, 34,8.
2. Nombres, 20,29.
3. Cf. Avoth DéRabbi Nathan 12,4.
4. Deuxième opinion citée par le Avoth DéRabbi Nathan. C’est aussi l’opinion du Ibn Ezra, du Panéa’h Raza et du ‘Hizkouni sur la section Bérakha. Voir aussi le commentaire du Or Ha’haïm.
5. Termes du Panéa’h Raza ibid.
6. Termes du Panéa’h Raza ibid. Selon cette interprétation, comme la seconde citée par le texte, seuls les hommes pleurèrent la disparition de Moïse. Pour autant, d’après cette manière d’expliquer la différence entre la disparition de Moïse et celle d’Aaron, il faudrait comprendre comment celle-ci implique que les femmes se distinguèrent des hommes alors que cette distinction s’explique parfaitement d’après la deuxième optique. C’est peut-être la raison pour laquelle Rachi retient la deuxième opinion car la première n’explique pas la différence d’expression entre « chaque maison » et « les enfants d’Israël ».
7. Pirké DéRabbi Eliézer chap. 17 et première opinion citée par le Avoth DéRabbi Nathan. Voir aussi le Midrach Cala Rabati chap. 3, Midrach Tan’houma, Edition Bober, Addenda à la section ‘Houkat, commentaire de Rachi sur la section Bérakha (34,8). Voir aussi la traduction araméenne de Rabbi Yonathan Ben Ouziel et commentaire de Rachi sur le verset de la section ‘Houkat (20,29).
8. On peut ajouter que, pour Moïse, tous les hommes ne portèrent pas le deuil car il n’est pas écrit « tous les enfants d’Israël ». On comprend dès lors pourquoi Rachi précise qu’Aaron apportait la paix entre « un homme et son prochain » et ne se contente pas de mentionner qu’Aaron apportait la paix entre « une femme et son mari ». Car le premier élément explique pourquoi tous les hommes pleurèrent Aaron alors que le second explique pourquoi les femmes aussi portèrent le deuil.
9. Certes, la Torah, en mentionnant la disparition de Moïse ou d’Aaron, précise toujours la raison pour laquelle ils n’eurent pas le mérite d’entrer en terre d’Israël, à savoir le fait d’avoir frappé le rocher au lieu de lui parler. Mais Rachi prend à chaque fois la peine d’expliquer que cette référence à cette faute a pour finalité de nous apprendre que c’est la seule qui pouvait leur être reprochée. Par conséquent, si ce n’était cette volonté de précision, la Torah n’a pas à mentionner de faute en relatant la disparition de justes tels que Moïse ou Aaron.
10. Deutéronome, 34,7, 34,10 et versets suivants.
11. De fait, les commentateurs cités dans la note 4 adoptent la même formulation de leur commentaire.
12. On peut remarquer plusieurs différences de formulation entre le commentaire de Rachi sur la section ‘Houkat et celui sur la section Bérakha. Le propos de ce commentaire n’est pas de donner la raison de ces différences.
13. Cf. Talmud traité Ména’hoth 65a. Cette idée est longuement développée dans le Likoutei Si’hot, vol. 19, p. 2 et suivantes. Voir aussi le commentaire du Gour Arié sur la section ‘Houkat (ibid.).
14. Cf. Talmud traité Érouvine 54a.
15. Cf. Talmud traité Nédarim 38a.
16. Cf. Talmud traité Taanith 9a.
17. Cf. Avoth DéRabbi Nathan, ibid., Cala Rabati ibid, Dérekh Eretz Zouta, Chapitre sur la paix. Voir aussi les discours résumés du Baal HaTanya p. 414.
18. Cf. Talmud traité Yébamot 65b. Voir aussi Encyclopédie Talmudique, concept de la paix §3 où cette notion est expliquée.
19. Cf. Discours hassidiques du 20 Av et du Chabbat Ekev 5741-1981. Voir aussi le ‘Hasdé Olam sur le Séfer ‘Hassidim, § 1061. On peut citer aussi le paragraphe 2 du chapitre 154 du Code de la loi juive du Baal HaTanya.
20. Cf. Midrach Chémot Rabba 5, 10. Voir aussi Talmud traité Sanhédrin 111a.
21. Voir à ce propos le commentaire du « Binyane Yéhochoua » sur Avoth DéRabbi Nathan 12,4., le Midrach Tan’houma cité à la note 7 et le commentaire du Maskil Lédavid sur le verset de la section Bérakha qui décrit le deuil pris par Israël.
22. Dans le même ordre d’idée, on peut faire remarquer que, lorsque Moïse entama sa mission pour libérer le peuple juif et que sa première démarche se solda par une aggravation de la servitude, il demanda à D.ieu « Pourquoi as-Tu fait du mal à ce peuple ? » (Exode 5, 22). Il est expliqué dans le Likoutei Si’hot (vol. 6, p. 38 et suivantes) que cette interrogation provient du niveau spirituel par lequel Moïse réalisait sa mission et qui correspond au niveau spirituel le plus élevé de l’intellect. Il éprouvait de ce fait la nécessité de comprendre l’événement bien que cela puisse apparaître comme un manque de confiance en D.ieu.
23. Cf. Chémot Rabba ibid. Voir aussi le « Binyane Yéhochoua » cité à la note précédente. Pour une présentation générale de la différence entre la qualité principale de Moïse et celle d’Aaron, voir le Séfer Haarakhim ‘Habad, paragraphe sur Aaron (7,8).
24. Deutéronome, Bérakha, 34, 1.
25. Talmud, traité Bérakhot 27b.
26. Voir par exemple Soucca 28a, Roch Hachana 31b, Sifri sur la section Bérakha.
27. Addenda au Likoutei Si’hot sur le livre Vayikra. Discours hassidiques du Baal HaTanya cités dans le Or HaTorah (section Pin’has). Discours hassidiques compilés du Rabbi Précédent commençant par le verset « Heureux sommes-nous » des années 1928 et 1936. Voir aussi Likoutei Torah sur la section Massé (90b). Discours hassidique du Admour Haémtsaï de l’année 5568-1808 commençant par le verset « Ne mène pas de guerre… ».
28. Voir à ce propos les synthèses et notes sur le Tanya, pp. 46-47. Pour une analyse plus en détails, voir Likoutei Si’hot vol. 16, p. 272.
29. Ceci, bien que toute sa vie ait été caractérisée par la progression spirituel du fait du principe de nos sages selon lequel « on s’élève dans ce qui relève de la sainteté. ». Voir aussi à ce propos le commentaire du Sifté Cohen sur la section Bérakha et le Or HaTorah sur la section Vaét’hanane.
30. Cf. Compilations de commentaires du Ari Zal, section Vaét’hanane, cité par le Chné Lou’hote Habrite au nom de Rabbi ‘Haïm Vital (partie sur la Torah Écrite, section Vaét’hanane p. 369a.). Voir aussi le Sifté Cohen sur la section Bérakha et, pour plus de détails, Likoutei Torah Bamidbar 12a.
31. Cf. Séfer Haarakhim ‘Habad, vol. 2, paragraphe sur Aaron.
32. Début des Maximes des Pères.
33. Cf. Séfer Haarakhim ‘Habad, vol. 2, paragraphe sur Aaron.
34. Cf. Commentaire de Rachi sur la section Béaalotékha.
35. Cf. Likoutei Torah commentaires sur la section Béaalotékha. Voir aussi à ce propos Séfer Haarakhim ibid.
36. A ce propos, on peut faire remarquer que Moïse eut certes à monter sur le Mont Sinaï mais ce mouvement avait pour but essentiel de faire descendre la Torah au peuple juif.
37. A cette élévation vers le haut s’ajoute aussi un mouvement du haut vers le bas par lequel Moïse continue, même après sa disparition et du niveau spirituel élevé où il se trouve, à servir pour le bien du peuple juif qui se trouve ici-bas (cf. Talmud Sota 13b).
38. Cf. Commentaire des Tossafoth commençant par « Moïse de lui-même » sur Méguila 31b.

Adapté d'un discours du Rabbi de Loubavitch
Traduction et adaptation par Igal Elmkies
Extrait du magazine Sources 'Hassidiques.
Chevalier de la Légion d’honneur, docteur ès sciences, chercheur en mathématiques appliquées à l’INRIA et chargé de cours à l’Université de Paris-Dauphine, le Rav Gary Chalom Cohen est également un rabbin de communauté qui enseigne le Talmud et la pensée ‘hassidique depuis plus de vingt ans. Il est l’auteur d’un précis de langue talmudique et de deux ouvrages sur le ‘Hassidisme.

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