ACCUEIL | DONS | QUESTION AU RABBIN | CONTACT
 
fr.chabad.org - Torah, Judaïsme et Information Juive Paracha
fr.chabad.org » Paracha » Autres Parachas » Devarim » Ki Tavo » La joie juive
  Béréchit   Chémot   Vayikra   Bamidbar   Devarim   Divers   Lectures doubles
ImprimerEnvoyer cette page à un amiPartager
Commentaire1 Commentaire

La joie juive

Les prémices ou le rapport à autrui

Cette semaine, nous lisons dans la Paracha qu’il était enjoint aux fermiers juifs habitant la terre d’Israël d’apporter au Temple les Bikourim, les premiers fruits de leur récolte, en remerciement à D.ieu pour la terre et ses produits. A la base, les Bikourim nous rappellent qu’il nous faut toujours être reconnaissants pour les bénédictions que nous apporte la vie.

Il est intéressant de noter que la loi ne prit effet que quatorze ans après que le Peuple Juif ne fut entré en Terre Promise. Il fallut sept ans pour conquérir la terre et sept ans encore pour la partager entre les douze tribus d’Israël. Ce n’est qu’une fois ce processus achevé que la loi des premiers fruits s’appliqua.

Mais pourquoi ? Il est sûr que certaines tribus s’étaient déjà installées. Il ne fait aucun doute que ceux des fermiers qui avaient reçu leur part de terre l’avaient déjà plantée et voyaient les premiers fruits de leur labeur. Pourquoi, dans ce cas-là, n’étaient-ils pas, eux, enjoints de montrer immédiatement leur gratitude, en apportant l’offrande des Bikourim ?

Le Rabbi nous explique qu’en nous commandant cette Mitsva, la Torah utilise la phrase : « Et tu te réjouiras de tout le bien que D.ieu t’a accordé ». Pour pouvoir pleinement ressentir la joie pour ses propres bénédictions de la vie, un Juif doit savoir que ses frères et ses sœurs ont été également bénis. Tant qu’un Juif savait que certains de ses frères n’étaient pas encore installés sur la terre, il ne pouvait se réjouir pleinement. Puisque la Sim’ha, la joie véritable, était une composante nécessaire de la Mitsva des Bikourim, elle ne pouvait être accomplie que lorsque tout le monde serait satisfait.

Savoir que nos amis et nos cousins se battent encore pour conquérir la terre, ou ne jouissent pas encore des fruits de leur portion, efface en quelque sorte le désir de célébrer, même si nous, personnellement, avons toutes les raisons de nous réjouir. Notre satisfaction ne peut être complète que si nous savons que tout le monde a été exaucé.

Dans son journal, le précédent Rabbi, Rabbi Yossef Its’hak, décrit son arrestation et son emprisonnement par les communistes, dans la Russie de 1927. Rabbi Yossef Its’hak était alors l’héroïque chef spirituel du Judaïsme russe et les Soviétiques l‘avaient condamné à mort pour ses activités religieuses au profit de son peuple (c’est miraculeusement que la sentence fut commuée et que le Rabbi fut libéré après trois semaines d’emprisonnement et neuf jours d’exil). Rabbi Yossef Its’hak était un écrivain très expressif et il a décrit son incarcération et les tortures qu’il a subies aux mains de ses tortionnaires.

L’un des gardes de la prison était incroyablement cruel. Il dit lui-même au Rabbi que, quand il battait et torturait un prisonnier, il tirait tellement de plaisir à regarder l’homme souffrir qu’il pouvait boire son thé sans avoir besoin de sa dose habituelle de sucre. Le spectacle de la torture adoucissait son thé…

Tel était un antisémite vicieux. Mais un Juif vit les sensations inverses. Il ne peut apprécier son thé ou ses premiers fruits tant que son prochain n’est pas encore installé. Le plus doux des fruits prend un goût amer tant que nos frères sont encore dans le besoin.

Ainsi, si vous avez un emploi, pensez à ceux qui sont au chômage. Si vous êtes heureusement mariés, pensez à ceux qui cherchent encore leur âme sœur et essayez de les aider. Et puisque la période des vacances est présente et que vous pouvez faire des frais pour votre famille, n’oubliez pas ceux qui ne peuvent se le permettre. Et quand vous allez bientôt organiser vos repas de fête avec vos amis et votre famille, rappelez-vous d’inviter les solitaires, les veuves et les parents isolés.

Par ce mérite, avec l’aide de D.ieu, nous serons tous bénis d’une nouvelle année douce et joyeuse.

ImprimerEnvoyer cette page à un amiPartager
Commentaire1 Commentaire

par Yossy Goldman
Rav Yossy Goldman est né à Brooklyn, New York au sein de la communauté Loubavitch. En 1976, il fut envoyé par le Rabbi de Loubavitch en tant que Chalia'h (émissaire) pour être au service de la communauté juive de Johannesburg en Afrique du Sud. Il est le rabbin de la Sydenham Highlands North Shul depuis 1986 et le président de l'Association Rabbinique Sud-Africaine.

Les droits du contenu de cette page sont réservés par l'auteur, l'éditeur et/ou Chabad.org. Si vous appréciez cet article, nous vous encourageons à le distribuer à vos connaissances, à condition de respecter le copyright.
 

Commentaires des lecteurs
Derniers commentaires:
Envoyé le : Aug 28, 2010
merci
la vie nous montre tant d'injustices et tant de personnes '' dont le thé en semble adouci ' qu'il est pour moi doux de lire ce magnifique texte juste à cet instant. J'ai l'impression de rétablir un lien au plus profond de moi-même et je vous en remercie. C'est l'eau fraîche et matinale qui coule sur mon âme abattue ce soir.
Envoyé par HOURI, paris, france



 


Ki Tavo
Ki Tavo - en bref
Paracha avec Rachi
La joie juive
Les limites et la liberté
Le bonheur comme état naturel
En traversant la frontière
Premiers fruits
Les pierres dans la rivière
Unité et territoire
Ki Tavo et ‘Haï Eloul