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La Délivrance comme une naissance

Du sommeil dans le ventre maternel à l'éveil dans le monde

Dans l'éclairage particulier que la 'Hassidout apporte au thème de l'exil et de la Délivrance figure la comparaison de cette dernière à une naissance. Cette image est déjà présente dans les Ecritures : les difficultés précédant la venue du Machia'h y sont appelées "douleurs de l'enfantement", comme il est écrit "Les douleurs d'une femme en travail lui arrivent" (Osée 13, 13). La Délivrance est quant à elle appelée "naissance" : "C'est ainsi que Tsion a été en travail et qu'elle a donné naissance à ses fils." (Isaïe 66, 8). Et au sujet des malheurs de l'exil, il est dit : "Les enfants sont prêts de naître, mais point de force pour enfanter !" (Isaïe 37, 3).

La vie d'un fœtus

La situation du fœtus est ainsi décrite dans le Talmud : "Rabbi Simlaï a enseigné : à quoi ressemble le fœtus dans le ventre de sa mère ? A un carnet replié, sa tête est entre ses genoux, ses talons sont sur son derrière et il se nourrit de ce que sa mère mange… Sa bouche est fermée et son nombril est ouvert. Lorsqu'il sort à l'air libre, ce qui était fermé s'ouvre et ce qui était ouvert se ferme." (Niddah 30b). Cette représentation nous indique que du point de vue de la structure de ses membres, de ses facultés et de ses sens, le fœtus est semblable à un enfant né, si ce n'est qu'une grande partie de ces facultés ne sont pas en fonctionnement pendant la gestation. Ceci est notamment illustré par la position du fœtus par rapport à la position habituelle de l'homme : la qualité première de l'homme est d'être un être pensant et réfléchi, chose qui se reflète dans la structure de son corps dont la tête est au sommet et domine tous les autres membres. En revanche, le fœtus a "sa tête entre ses genoux", position qui n'exprime aucunement la supériorité de la tête et tend à l'assimiler aux autres membres du corps.

Le fœtus vit, se nourrit, se développe et certainement même prend du plaisir lors de son séjour dans le doux liquide amniotique. Cependant, comparé avec une personne née, il souffre d'un désavantage flagrant : ses yeux ne voient pas, ses oreilles n'entendent pas, ses sens du goût et de l'odorat ne fonctionnent pas, ses poumons ne s'emplissent pas d'air et sa vie ne se résume qu'à exister et connaître un développement corporel. Telle est la vie du fœtus : étroite et limitée. Ce n'est qu'après sa naissance qu'il pourra commencer à voir le monde qui l'entoure, à ressentir du goût à s'alimenter et à respirer à pleins poumons. Ce n'est qu'à la naissance que sa vie commencera véritablement.

Notre exil actuel est similaire à la vie du fœtus : nous pouvons étudier la Torah, prier avec ferveur, ressentir envers notre Créateur crainte et amour, mais tout ceci ne se fait qu'à un niveau "fœtal". Nous n'avons pas une "vision" véritable du divin, nous "n'entendons" pas la parole divine qui résonne à l'intérieur de chaque atome de l'univers. Le monde nous semble exister de manière autonome, comme étant mû par sa propre force. Ce n'est qu'au prix de beaucoup de réflexion et de méditation que nous pouvons arriver à la conscience (et non la vision concrète) de la force divine qui fait vivre au monde chaque instant qui passe. Les Mitsvot, les commandements que nous accomplissons en temps d'exil peuvent être comparés à la nourriture qui passe par le nombril du fœtus : nous n'en percevons pas tout le goût et tout le sens et en accomplissons même un grand nombre par simple automatisme.

Nous commencerons à voir

L'aspiration à la Délivrance ressemble donc au désir du fœtus de naître pour pouvoir ouvrir ses yeux et ses oreilles sur le vaste monde. Ce n'est qu'avec la Délivrance messianique que nous mériterons la révélation de la lumière divine au point où même nos yeux de chair pourront en profiter, comme le dit le verset : "Et toute chair verra que c'est la bouche de D.ieu qui a parlé" (Isaïe 40, 5). Alors, lorsqu'un Juif étudiera la Torah, il ressentira dans tous les membres de son corps l'attachement qui en découlera avec Celui qui a donné la Torah. Lorsqu'il accomplira une Mitsva, il ressentira le lien que ce commandement établira entre lui et le Créateur qui l'a ordonné. Le Juif sortira alors du stade de "fœtus" pour devenir un homme vivant, qui voit et qui ressent.

Parallèlement, considérer l'exil comme une gestation lui confère un sens plus profond : de la même manière que la gestation est la préparation à la naissance, l'exil n'a pour objet que d'être la préparation à la Délivrance. Lorsqu'un Juif s'efforce de parvenir à s'attacher à D.ieu, à l'aimer et à le craindre malgré l'obscurité de l'exil, il se prépare à la Délivrance, très prochainement.

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par Menahem Brod
Le Rav Menahem Brod est le porte-parole du mouvement de la Jeunesse Loubavitch en Israël et le rédacteur en chef de l'hebdomadaire "Si'hat Hachavoua".

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Commentaires des lecteurs
Derniers commentaires:
Envoyé le : Mar 21, 2010
Commentaire
J'aime beaucoup cette simillitude. Et donc j'aimerais comprendre, si le processus de la délivrance est comparé au séjour du foeutus dans le ventre de la mère, une transgression au cours ou dans la période de délivrance serait donc une sorte d'avortement ? C'est une question
Envoyé par Jules, Cote d''Ivoire



 


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Conversations avec les Jeunes
  La sujet de la venue du Machia'h et de la délivrance messianique a suscité ces dernières années un grand intérêt de la part du public, notamment suite à l'impulsion que le Rabbi de Loubavitch a donnée à son étude. Cet ouvrage rassemble les différentes sources sur ce sujet, aussi bien dans les textes bibliques, que dans la littérature talmudique et rabbinique. Ecrit dans un langage clair et simple, il se veut accessible au plus grand nombre. Il a été édité en 1993 par la Jeunesse Loubavitch en Israël.