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Tsipporah

Tsipporah

L’épouse de Moïse

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Tsipporah était l'une des sept filles de Jéthro (Yithro), grand prêtre de Midian, pays proche de notre Terre Sainte.

Jéthro était un homme d'une grande sagesse. Pendant un certain temps, il avait été l'un des conseillers de Pharaon ; parmi ceux-ci se trouvait également, à la même époque, le fameux Bilaam. Et, tandis que ce dernier incitait son maître à traiter les esclaves juifs de plus en plus durement, Jéthro, au contraire, conseillait toujours la modération. Et quand ses conseils ne furent plus écoutés, il se démit de ses fonctions et alla s'établir à Midian. Le peuple de ce pays fit de lui son chef et son grand prêtre. Mais bientôt Jéthro se rendit compte qu'il était insensé d'adorer des idoles faites de bois et de pierre. Car il savait qu'il existe un D.ieu unique, le seul qui a créé le monde et qui, seul, en prend soin. Aussi Jéthro dit-il à son peuple qu'il ne pourrait le servir plus longtemps.

Le peuple de Midian conçut pour Jéthro une grande haine et jura de ne plus rien avoir à faire avec lui ni avec l'un quelconque des membres de sa famille. Même ses bergers l'abandonnèrent et ses troupeaux ne purent plus compter que sur les soins de ses propres filles. Encore ces dernières n'eurent-elles pas la tâche si facile. Chaque fois qu'elles se rendaient au village pour faire boire leurs troupeaux, les bergers qui se trouvaient là les en chassaient. Elles n'avaient d'autre choix que d'attendre leur départ jusqu'au dernier pour commencer à étancher la soif de leurs bêtes.

Un jour elles rencontrèrent au puits un étranger. Il avait l'aspect d'un Égyptien, aussi elles le prirent pour tel, encore qu'elles n'en fussent pas tout à fait sûres. L'étranger protégea les filles de Jéthro contre les bergers mal intentionnés. Il les aida à faire boire leurs troupeaux. Elles purent ainsi sans perdre de temps regagner leur foyer.

Les voyant rentrer plus tôt que de coutume, Jéthro fut très surpris. Les Midianites auraient-ils décidé de faire la paix avec lui ? Aussi demanda-t-il à ses filles : « Comment se fait-il que vous ayez terminé si tôt aujourd'hui ? »

« Un Égyptien nous a délivrées de la main des bergers et nous a aidées à faire boire nos troupeaux », répondirent les jeunes filles. « Oh ! Il nous a témoigné tant de bonté ! »

« Où est-il ? Vous avez laissé un étranger sans l'inviter à rompre le pain avec nous ? Allez, trouvez-le vite et dites-lui que ma maison est la sienne » leur ordonna-t-il.

Elles revinrent bientôt en compagnie de l'« Égyptien ». Jéthro avait rencontré beaucoup d'Égyptiens dans sa vie. De bons et de braves, prêts à risquer leur vie pour venir en aide à quelqu'un, il n'en avait encore jamais vu. Le sourire aux lèvres il accueillit Moïse et lui souhaita la bienvenue dans sa maison. En effet, il avait bien l'air d'un Égyptien, et quel Égyptien !

– Vos filles n'avaient pas tout à fait tort en vous disant : « Un Égyptien nous a délivrées », dit Moïse à Jéthro. En un sens, c'est effectivement un Égyptien qui les a secourues.

– Je ne comprends pas, dit Jéthro.

– Eh bien, j'ai tué un contremaître égyptien qui maltraitait un de mes frères Juifs, expliqua Moïse. J'ai dû fuir et enfin je suis arrivé à Midian. N'était l'Égyptien, je ne me serais pas trouvé ici pour secourir vos filles. C'est comme l'histoire de l'homme qui a été mordu par un serpent. Il court à la rivière laver sa blessure et là il trouve un garçon qui se noie. Il le sauve. Le garçon remercie l'homme qui lui a sauvé la vie. Mais l'homme dit : « Tu ferais mieux de remercier le serpent qui est cause de ma présence ici. »

Jéthro et Moïse sympathisèrent d'emblée et ce dernier était heureux de pouvoir vivre avec une si bonne famille.

Un jour que Moïse se promenait dans le jardin, il vit, planté en terre, un bâton magnifique. Dix lettres hébraïques à la signification mystérieuse étaient inscrites dessus. Il l'arracha de terre et l'emporta à l'intérieur de la maison. Jéthro fut stupéfait de voir Moïse marcher le bâton à la main.

« Sais-tu d'où il vient ? » demanda-t-il à Moïse et, sans attendre, il poursuivit : « Je l'ai pris de la maison de Joseph, lequel le tenait de Jacob ; et, en remontant le fil des générations, on le retrouve chez Abraham, Chem, Noé, Mathusaleh, Adam ! Quand j'ai fini de le planter en terre, personne, pas même moi, ne pouvait plus l'en arracher. Alors je me suis dit : “L'homme qui pourra le tirer de là et l'emporter sera certainement un descendant de la maison de Jacob. J'aimerais qu'il devienne mon gendre !” » Puis Jéthro ajouta : « Je serais très heureux si tu voulais de ma fille Tsipporah pour femme. »

Moïse fut lui aussi très heureux d'entendre ces paroles. « Au fait, dit-il, mon ancêtre Jacob a rencontré sa future femme à un puits ; la même chose m'est arrivée à moi aussi ! »

Tsipporah se révéla une épouse excellente et pleine de mérites. Elle était bonne, sage et craignait D.ieu. Elle donna à Moïse deux enfants, deux garçons. Le premier fut nommé Guershom – ce qui signifie « un étranger là-bas » – afin que ce nom leur rappelât qu'ils étaient étrangers sur cette terre-là bien que leur enfant y fût né. Le second fut appelé Eliézer – ce qui signifie « D.ieu est mon secours » – en signe de gratitude pour l'aide et la protection reçues du « D.ieu de mon père ».

Depuis que Moïse était venu vivre avec Jéthro, il s'occupait des troupeaux. Un jour, alors qu'il se trouvait dans le désert, D.ieu lui apparut dans un buisson ardent et lui dit d'aller chez le Pharaon et de délivrer des mains de ce dernier les enfants d'Israël.

Moïse regagna son foyer et se prépara à emmener sa femme et ses enfants avec lui en Égypte.

– Où emmènes-tu ta femme et tes enfants ? lui demanda Jéthro.

– En Égypte, fut la réponse.

– Comment ! Tes frères de là-bas veulent quitter l'Égypte et toi tu veux y amener ta famille ? demanda Jéthro tout surpris.

– Il ne se passera pas beaucoup de temps avant que nous nous trouvions au pied du Mont Sinaï pour recevoir de D.ieu la Torah. Je veux que mes enfants y soient eux aussi présents, répondit Moïse.

– Dans ce cas, va en paix et arrive en paix, dit Jéthro.

Il y avait moins d'une semaine qu'Eliézer était né, mais Moïse ne voulut pas retarder son départ. Il n'attendit même pas que la Brith Milah (la circoncision) eût lieu. Il installa sa femme et ses enfants sur un âne et prit la route qui menait en Égypte. En chemin ils firent halte à une auberge. Moïse eût dû en profiter pour accomplir la Brith Milah sans plus de retard. Mais il crut bon de le remettre jusqu'à leur arrivée en Égypte. Alors il se passa quelque chose d'étrange. Un immense serpent apparut qui avala Moïse jusqu'à mi-corps. La vie de Moïse était en grand danger, Tsipporah en devina aussitôt la raison. Sans perdre un instant, elle prit une pierre au bord effilé comme un rasoir et circoncit Eliézer. Le serpent disparut immédiatement, laissant Moïse en proie à une grande frayeur, mais toutefois indemne.

Il n'avait pas encore foulé le sol égyptien quand Aaron vient à sa rencontre. Ce dernier avait reçu un message divin lui annonçant que Moïse arrivait et lui enjoignant d'aller à sa rencontre. Il devait également, en même temps que Moïse, porter l'ordre de D.ieu à Pharaon. Les deux frères, séparés depuis de nombreuses années, se jetèrent dans les bras l'un de l'autre.

– Qui est avec toi ? demanda Aaron, désignant Tsipporah et les enfants.

– Ma femme et mes fils, répondit Moïse.

– Et où les emmènes-tu ? demanda encore Aaron.

– En Égypte, fut la réponse.

– N'avons-nous pas assez de sujets d'affliction avec ceux qui sont déjà là et faut-il que tu en ajoutes de nouveaux ?, s'exclama Aaron.

Cette fois Moïse céda aux paroles de son frère aîné. Il se tourna vers Tsipporah et dit : « Il faut que tu retournes à la maison de ton père. L'Égypte n'est pas un pays pour toi et j'ai une mission divine à y accomplir. »

Et Tsipporah revint à la maison de son père à Midian.

Toutefois, quand plus tard les enfants d'Israël, libérés du joug égyptien, se trouvaient déjà dans le désert, Tsipporah, ses enfants et son père Jéthro quittèrent le confort de leur foyer pour rejoindre Moïse dans les étendues désertiques.

Jéthro passa quelque temps avec Moïse dans le désert et lui apprit à instituer un système de tribunaux et de juges qui eut l'approbation de D.ieu. (Jéthro en fut grandement honoré en ayant une paracha entière qui porte son nom, la paracha dans laquelle la Révélation sur le mont Sinaï a lieu). Mais plus tard Jéthro retourna à Midian pour répandre la connaissance de D.ieu parmi les habitants de la région.

Tsipporah resta aux côtés de Moïse. Mais elle ne put guère jouir de sa compagnie, car, de plus en plus absorbé par ses saintes obligations comme chef et maître du peuple, il passait tout son temps soit à l'intérieur, soit non loin du Sanctuaire.

Nos Sages sont pleins de louanges pour Tsipporah. La beauté de son caractère, sa sagesse et sa modestie s'unirent pour faire d'elle la femme vraiment digne d'être l'épouse du « père de nos prophètes ».

par Nissan Mindel
Extrait du mensuel "Conversations avec les jeunes".
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Discussion (1)
9 septembre 2011
10 de prison
Pourquoi ne parlez vous pas de Moise qui fut jeté en prison 10 ans de sa vie par Jéthro?
Harboun
Paris, France
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