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Se laver les mains

Un geste puissant

Un trait familier de la vie juive traditionnelle est le lavage des mains. Dès le réveil, nous faisons des ablutions. Dans le livre de prières quotidiennes, la première des bénédictions du matin concerne le lavage des mains. Avant de consommer du pain, nous nous lavons les mains, en prononçant la même bénédiction. Les mains des Kohanim (les Prêtres) sont lavées par les Lévites avant qu’ils bénissent le peuple, les jours de fête.1

Cette pratique juive de se laver les mains tire sa source notamment dans la conclusion des instructions que D.ieu adresse à Moïse concernant l’édification du Sanctuaire. Nous y lisons la description d’un objet supplémentaire qu’il fallut confectionner : une fontaine de cuivre, sur un socle, placée dans la cour du Sanctuaire. Les prêtres l’utilisaient pour rincer leurs mains et leurs pieds avant d’entreprendre un quelconque service, comme celui des sacrifices.2

Pourquoi la description de cet élément a-t-elle été laissée pour la fin ? Tous les autres objets qui devaient être fabriqués pour le Sanctuaire – comme la Menorah et l’Autel, et même les vêtements des Kohanim – ont été décrits dans les deux parachas précédentes. Une des réponses pourrait être que la fontaine n’était pas utilisée directement pour le Service divin, l’ablution n’étant qu’une préparation à ce dernier. Il est donc normal que sa description figure à la fin.

Cette fontaine était faite à partir des miroirs de cuivre que les femmes avaient apportés à Moïse comme offrande pour le Sanctuaire. Les Sages commentent que Moïse hésita d’abord à les accepter : un miroir n’est-il pas fait pour satisfaire le désir de la beauté physique ? Potentiellement, en poussant les choses à l’extrême, le miroir pourrait devenir un instrument du mauvais penchant. Cet objet pouvait-il donc appartenir au Saint Sanctuaire ? Et pourtant, D.ieu lui ordonna de les accepter. Comme nous le rapportent les Sages, D.ieu dit : « Ils Me sont plus précieux que toute autre chose. »3

Quelle est donc la relation entre les miroirs, si précieux pour D.ieu, et le la notion d’ablution des mains ?

Le but de la Création est décrit par nos Sages comme le désir divin « d’avoir une demeure dans le monde inférieur ». Cela s’effectuait tout particulièrement par le biais du Sanctuaire ou du Temple. Le peuple juif avait été investi de la capacité d’édifier une structure matérielle dans laquelle allait demeurer la Présence Divine. En même temps, la Présence Divine allait également résider dans le cœur et la vie de chaque individu. Dès lors, nous aurions pu penser qu’il est suffisant que la divinité réside dans les aspects les plus spirituels de notre existence. C’est là la raison de la réticence initiale de Moïse à accepter les miroirs. Mais D.ieu lui dit que la divinité réside également dans des dimensions de nos vies moins spirituelles. Au point précis où il nous faudra peut-être recourir à un effort de contrôle de soi, c’est là que D.ieu se révèle.

Cette idée est également liée au lavage des mains, préparation pour le Service de D.ieu dont le sens est de nettoyer ce qui n’est pas pur. En ce sens, l’ablution des mains est similaire au thème du contrôle de soi. Car c’est là que notre véritable potentiel de sainteté en tant qu’êtres humains se révèle. Cette étape est bien plus qu’une préparation aux activités ultérieures et est même reconnu par D.ieu comme « plus précieux pour Lui que toute autre chose ». Car c’est alors que, êtres humains dans ce monde matériel, nous commençons réellement à servir D.ieu.4

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NOTES
1. En Israël et dans certaines communautés de Diaspora, chaque jour.
2. Exode 30,17-21.
3. Rachi sur Exode 38,8.
4. Librement adapté du Likoutei Si’hot du Rabbi de Loubavitch vol. 6, pp. 196-200.

par Tali Loewenthal
Dr Tali Loewenthal est maître de conférence en Spiritualité Juive au University College de Londres et directeur du Chabad Research Unit. Il est l'auteur de Communicating the Infinite: The Emergence of the Chabad School.

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Commentaires des lecteurs
Derniers commentaires:
Envoyé le : Mar 7, 2010
éclairage d'un athée
Au départ, tout rite religieux et même la divinité, apparaîtront d'essence névrotique. Puis, en y regardant de plus près, on comprendra que ceux-ci concourent, en fournissant sens, à l'harmonie chez les humains. C'est pourquoi, même étant athée, je ne puis me battre contre ces conceptions, à moins d'avoir à offrir quelques vérités en mesure de satisfaire non seulement l’intellect, mais surtout leur cœur. Mais, si j'étais dans vos souliers ou dans celui de tout entrepreneur, je n'hésiterais pas un instant à faire questionner tout fondement, au cas où; tel que l’a fait Einstein: "j'ai regardé au dessus de l'épaule des géants".
Envoyé par Jean Rousseau, Trois-Rivières, Canada



 


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